Localisation

Notre adresse

-

Téléphone

Lieu : ,

E-mail

Province :

Web

Region 2015 :

Posséder la Mandragore, c’était avoir entre ses mains le plus puissant des pouvoirs. Avec elle, tout pliait devant vous, la richesse et même les femmes ! …Seulement, pour s’en rendre possesseur, il fallait courir de grands risques, entre autre celui de rencontrer le diable, seul dispensateur de cette plante généreuse. Pour cela, une poule noire faisait l’affaire, et votre courage… le reste. Il fallait choisir une nuit sombre comme un trou de taupe et une croisée de chemins se coupant comme deux traits. Arrivé là, on devait crier très vite : – Poule noire… poule noire… poule noire… Si le diable était bien luné et avait besoin de volaille, il ne tardait pas à vous apparaître, impressionnant et peu commode. Alors malheur si vous ne lui adressiez pas le premier la parole. Il vous emportait aussitôt dans son enfer. Par contre, si vous placiez votre mot avant le sien, il vous donnait la mandragore, que l’on appelle également : la main du diable. – Ma mie, s’exclama-t-il, tu as tout simplement agi comme une bêtasse… et ton diable peut se frotter les griffes… Pourtant, je crois que j’ai trouvé un moyen de t’aider car il me semble l’avoir vu rôder ce matin du côté des Combes… Et, sur ce, il s’en alla rapidement. Arrivé dans le petit bois qui borde les Combes, il se mit à siffler comme s’il appelait son chien et, comme de bien entendu, le diable rappliqua. – Bigre, dit tout haut le bûcheron, je siffle mon chien et c’est un inconnu qui arrive, c’est bien la première fois qu’à mon grand âge je vois ça… et si vous connaissiez mon âge ! … – Tu as soixante-trois ans, six mois, treize jours et deux heures… – C’est faux, dit le bûcheron, bien que ce fût la vérité vraie, et je suis aussi fort qu’âgé, regardez et essayez d’en faire autant. Là-dessus, il brandit sa cognée et coupa net le plus petit des arbustes voisins, en hurlant : – Par ma force, je suis bien aussi fort que ce jeune homme… Piqué au vif, le diable lui prit la cognée des mains et coupa net le plus gros des chênes. – Tiens, bûcheron, rugit-il, en feras-tu autant à quatre mille quatre cent quarante quatre ans ?




Détails

Sources/Mentions

  • Monographie du canton de Saint-Sulpice-les-Feuilles