Lorsque tombe la nuit sur les chemins du Jura, le cheval Gauvin rôde près des rivières et des villages. Sa belle allure et sa docilité trompent les imprudents qui tentent de le monter : soudain, il s’élance et les entraîne vers les eaux profondes ou le bord des rochers. Pour les habitants, cette monture infernale annonçait parfois la mort et servait à tenir les enfants loin des berges.
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Lieu : 39, Franche-Comté
Province : Franche-Comté
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Region 2015 : Bourgogne-Franche-Comté

C’est au milieu du XIXème siècle qu’il fait trembler les villages de Chamblay, Monbarrey, Dole, et nombre d’autres petites communes avoisinantes. On rencontre généralement l’animal la nuit, le long des cours d’eau. Le légende raconte que ce cheval démoniaque piégeait les malheureux qui l’enfourchaient: il les laissait le monter, avec une feinte docilité, puis partait à grande allure vers le funeste destin des cavaliers qu’il précipitait dans l’eau, pour les noyer, ou du haut de gros rochers. On prétend également qu’il parcourait les villages à grand galop pour enlever les jeunes demoiselles. L’associant à la mort, les villageois le comparait parfois à la faucheuse ou au croquemitaine: celui qui avait malheur de l’apercevoir mourrait la même année. Certains ont dit qu’il avait trois pattes, d’autres quatres pieds… Parfois, c’est à un bouc qu’on le compare. Venu des Enfers, des flammes sortiraient de la bouche de l’animal.
Le cheval Gauvin est un cheval fantastique qui apparaît la nuit près des cours d’eau et dans les villages du Jura. Il se laisse approcher comme une monture docile, puis précipite son cavalier dans la Loue ou du haut des rochers. La tradition lui prête aussi des enlèvements de jeunes filles et en fait un présage de mort. Désiré Monnier rapporte qu’en 1839 des habitants de Chamblay se souvenaient encore de la peur qu’il leur inspirait dans leur jeunesse ; il publie une version de la légende en 1854.